FOUR: no one

 


Je vais vous dire pourquoi je suis devenue ainsi. J'ai changé d'avis, car à  quoi bon ? Qu'est-ce que ça va changer après tout ? Ma vie est déjà un vrai bordel alors pourquoi faire un mystère sur tout ça.
Un jour, alors que tout allait bien, que la vie nous souriait à pleine dents, elle a changé d'humeur et lui a pris tout ce qu'il était.
    La vie est une trainée.
Elle a complètement changé de visage, s'est transformée. Elle a décidé de l'emporter loin d'ici. Elle l'a emmené à son ennemi. La mort l'a repêché et l'a gardé avec elle. Ni l'une ni l'autre ne s'est souciée de moi. Elles m'ont délaissée, seule avec un futur sans lui. J'ai longtemps flotté sur cette eau azure, me laissant porter par les vagues, les permettant de me guider pour ne pas couler. Pourtant, un jour, j'ai fait un faux mouvement et elles m'ont poussée, se sont énervées. J'ai sombré au plus profond de mon désespoir, au fond des ces eaux troubles,
    je me suis étouffée.



Bonheur, rire, sourire.
Après que je sois sortie de cet affreux endroit, je me suis dis qu'il ne fallait que je fasse que ça pour ne pas qu'ils me renvoient dans ce trou à rat. Je voulais le faire, y mettre de la bonne volonté, mais c'était impossible. Je ne savais pas que ça allait être aussi difficile, qu'il fallait que je me débrouille seule et que, si personne ne me soutenait là-bas, pourquoi le feraient-ils dehors ? J'ai été seule, dans le désespoir, laissée à mon propre sort.
Mes propres parents, toute ma famille et mes amis m'avaient oubliée. Ils n'étaient venus que la première semaine de mon internement et n'ont plus jamais remis les pieds là-bas. Ce qui veut dire que pour eux je ne suis plus personne. D'ailleurs, ils ne doivent même pas savoir que je suis sortie aujourd'hui et que je suis seule, déboussolée, ayant perdu toute trace de la vie quotidienne de personnes ''normales.''
Je n'avais qu'un petit sac avec haut fond quelques vêtements que m'avaient apporté mes proches dès les premiers jours. Je ne les ai jamais mis car j'avais cette légère blouse blanche collée à mon corps jour et nuit.
Ni carte d'identité, ni argent, ni portable.
    Aucune trace de mon existence.
J'étais debout devant l'hôpital, scrutant les gens et les voitures qui passaient  par là, dans le silence le plus total. J'avais l'impression qu'après être sortie d'ici, ils n'en n'avaient plus rien à faire de moi. Malgré que j'aie atteint ma maturité il n'y a pas longtemps, ils n'avaient pas le droit de me laisser seule à l'extérieur sans personne..ou peut-être que si. J'avais peur.
Je m'étais promise que quand je sortirais d'ici, j'allais recommencer une nouvelle vie, oubliant toutes les personnes ayant fait parti de mon passé. Exceptée une.
 Ayant perdu tout espoir après de longues minutes à réfléchir à une solution, je fermai les yeux, espérant qu'il revienne et qu'il m'aide. Je savais qu'il n'allait pas venir, mais au fond, j'espérais quand même. J'ai attendu, encore et encore, minute par minute. Je voulais qu'il me revienne et qu'il trouve une solution, comme il l'a toujours fait. Cependant, il n'est jamais venu. J'ai du me débrouiller seule et trouver un moyen de me sortir d'ici.
Ni une ni deux, je descendis les petits escaliers et sortis de la cour de ce maudit endroit que j'espère ne plus jamais revoir.
Je pouvais avoir l'air d'être sûre de moi, mais comme on dit,
    ne vous fiez pas aux apparences.
Je ne savais pas où j'allais, ni ce que j'allais faire, mais je le fis quand même. Le vent me portera loin d'ici et n'arrêtera pas de me pousser encore plus haut de jour en jour.
Si il le faisait, je m'écraserai par terre et cette fois, je ne pourrais pas retourner en arrière.

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